XXII – Kaldor Byron au Bar Glauque ¥¥

XXII – Kaldor Byron au Bar Glauque ¥¥

 

Kaldor Byron passe devant le videur cyborg et pénètre dans le Bar Glauque, l’un de ses préférés dans toute la ville. La clameur du troquet remplace celle de la rue. Idem pour les odeurs. Quelques visages hébétés se tournent vers lui alors qu’il se dirige vers sa table habituelle, au fond à droite de la pièce. L’atmosphère est enfumée, baignée par les émanations d’une multitude de drogues différentes, fumées, infusées, injectées, sniffées sans que personne ne semble s’en émouvoir. On distingue à peine la décoration gothique qui orne les murs et le plafond noirci, hormis quelques crânes qui pendent au bout de chaînes de métal rouillé.

Les haut-parleurs crachent un vieux tube de Tor-Mino, le groupe mythique de Death Metal Mélodique Minotaure. LE carton de la décennie passée, et de la fête du Nouveau Millénium. Les instruments rageurs et les voix gutturales des bêtes encadrent à merveille celle de la belle, une Elfe des cendres surnommée Princesse Obliviae. Tout le groupe a disparu mystérieusement lors de la dernière Morte-Lune. Enfin, peu importe…

Kaldor Byron pose sa cape à ses côtés, mais conserve son manteau noir sur le dos, et son chapeau noir à larges bords vissé sur la tête. Il fait un signe discret au barman, un Ogre jovial qui répond au doux patronyme de Brise-Crâne, et celui-ci commence à lui préparer un verre. C’est un retraité des arènes, propriétaire et tenancier de l’établissement, serveur en salle pour les habitués, et même videur en cas de besoin. Incontestablement, une bien meilleure reconversion que celle de feu Roh Phaelix…

Caché sous son chapeau, Byron observe son environnement enfumé. Une fille quasiment nue se trémousse sur la scène, sous deux néons usés projetant une lumière terne. Des tatouages blasphématoires et piercings audacieux recouvrent une grande partie de son corps. Certains sont encore frais, et sa peau tachée de sang. Ses quatre bras ornés de bracelets, ses hanches ondulent au rythme de la musique envoûtante.

Soudain la fille se penche en avant et griffe l’air de ses longs ongles peints. Les tintements de ses ornements métalliques sont étouffés par le chaos sonore de la pièce. Elle se caresse la poitrine, au grand plaisir des spectateurs situés aux premiers rangs. Puis elle pince l’un de ses tétons entre deux ongles, et commence à tirer dessus. L’extrémité du sein devient écarlate et offre un contraste saisissant avec ses veines bleutées, où coule probablement un flot de psychotropes en tout genre. La fille continue de tirer, et ses cris de douleur sont à peine couverts par la musique. Un morceau de peau commence à se détacher, mais elle continue de tirer dessus et gémir. Un lambeau de peau est arraché tandis qu’elle pousse un cri d’extase mêlée de douleur.

Quelques spectateurs détournent la tête, ne pouvant supporter d’en voir plus. D’autres gardent le regard fixé sur la scène, fixé sur la fille exhibant son corps mutilé, fascinés et excités. Certains autres clients encore esquissent un sourire blasé, ou ne prêtent même pas attention à la représentation masochiste. Byron appartient à cette catégorie là, tant il a déjà pris part à des milliers d’horreurs bien pires que celle-là.

La chair du téton est à vif et un filet de sang s’écoule de la blessure. La fille présente le morceau de peau aux spectateurs. Elle traverse la scène d’un bout à l’autre, levant bien haut son trophée charnel, continuant à se caresser le corps constellés d’anneaux de métal avec ses trois autres mains. Elle pointe une longue langue fourchue en direction de la salle, puis se lèche sensuellement les lèvres, écarlates et dégoulinantes de vice. Enfin elle jette le bout de téton ensanglanté dans le verre d’un des clients médusés, juste au pied de la scène. Puis elle passe à la suite de son spectacle, mettant en œuvre des aiguilles de métal chauffées à blanc.

Kaldor Byron connaît la chanson par cœur, tellement il a souvent vu la fille à l’œuvre. Agonicia, tel est son nom de scène. Il a déjà passé quelques nuits dans son lit, et l’a fait jouir, et hurler, cette merveilleuse salope d’amour.

Byron remercie Brise-Crâne lorsque l’ogre dépose un verre fumant sur la table, et lui glisse quelques skullz en retour. Une liqueur de Douce Mort, son breuvage préféré du moment. L’homme boit une petite gorgée, et enchaîne sur une grande goulée. Le liquide acide lui brûle les entrailles, lui arrachant un murmure de douleur, de plaisir. Un petit arrière-goût musqué lui reste sur le palais, et dans la gorge. Une saveur toute féminine, qui aiguise son appétit sexuel. Merveilleux ingrédients que détient là l’patron, ça déchire.

 

Les minutes passent, doucement, puis par brassées entières. La fille suivante, une esclave cyborg Elfe vêtue de satin blanc, se fait fouetter violemment par un Minotaure en string panthère. Le voile de tissu pâle se déchire à chaque coup cinglant. La lanière de cuir cloutée claque contre sa peau de métal, ou trace un sillon sanglant sur les dernières zones de sa peau si délicate.

Un mec au look apocalyptique salut de la main Byron, qui en est déjà à son troisième verre, puis s’assoit en face de lui. L’air vibre légèrement sous l’effet de son brouilleur psymag, activé pour empêcher que le premier pélo venu n’écoute leur conversation, ni magiquement, ni électroniquement. Le patron ogre débarque et pose une pinte au contenu écarlate devant le nouveau venu.

« Voilà pour vous, Monsieur Bonzai. »

« Merci Brise-Crâne, t’es au top. »

Le mec sirote une petite gorgée, puis engage la conversation avec Byron.

« Yo brother, ça fait un bail dis donc. Sympa ton dernier rally-massacre ? »

« Extermination et Souffrance, mon frère. Trois tribus anéanties. Quelques pépins. Un client mort, overdose. Deux Frelons abattus. Mais tout de même un bon bénef’ à la sortie. »

« Heureux d’l’apprendre, héhé. Mais deux Frelons, putain, ça craint un max… »

« Z’étaient volés… »

« Normal. C’est dommage, mais pas une perte sèche. En tout cas pas pour toi. »

« Ouais. »

« Bon alors, dis-moi bro, de quoi t’as besoin en ce moment ? Des armes dernier cri, pour ton prochain rally dans la Lande ? Ou pour ta putain d’croisade de psychopathe ? Rédemption blablabla souffrance et extermination ? »

Byron jaillit pour prendre le mec à la gorge, mais celui-ci réagit en un éclair et lui attrape le poignet. La tension retombe en quelques secondes. Byron repose ses miches, et l’autre relâche sa prise. Tous deux grimacent un sourire, lèvent leurs verres et trinquent, les yeux dans les yeux.

« Excuse-moi de m’être emporté… Mais ne blasphème pas ainsi, frère. Je pourrais me fâcher vraiment, un de ces quatre… »

« Désolé d’avoir bavé sur tes nouvelles croyances… Chui pas encore habitué, bro. Mais revenons à nos affaires. »

« Ok. »

« Comme j’disais, j’ai reçu une nouvelle cargaison de guns, des… »

« Non, pas besoin de flingues, en ce moment. Il me faudrait quelque chose de plus… explosif… définitif. De la Nitro, du C4, du XD, un truc qui pète. En grosse quantité. »

« Wowowo… S’tu veux du gros matos dans le genre, tu sais que ça va t’coûter chô… Kekcéti pourquoi faire d’abord ? Hum… Non t’as raison ça m’regarde pas. J’imagine que t’as d’quoi allonger l’gros pactole de skullz ? »

« Pas mal de liquidités. Et puis j’ai dégoté une bonne quantité de poudre, un truc extrême. Une mine d’or que ça vaut. »

« Ben tu vois, là on cause la même langue ! Laisse-moi deviner… T’as pécho l’héritage de ton client ad patres ? Une clause du contrat ? C’est moi qui t’ai appris ça mon saligaud ! Mort de rire ! »

Kaldor Byron esquisse un nouveau sourire sous couvert de son chapeau noir. Il lève un œil sur l’homme assis face à lui.

Dan Bonzai, son fixeur, son frère de sang, son ami, un des premiers, et des derniers qu’il n’ait jamais eu.

« Bien vu, frère. C’est l’héritage de Roh Phaelix, un ancien gladiateur. Un bon en son temps. Riche, et complètement mort de chez mort. Au moment où on parle, il pourrit tranquillement dans le cratère radioactif, par delà le Rempart. Et chez lui, il planquait une réserve de came monumentale… Tu m’étonnes qu’il ait clamsé si vite. Alors ? »

Le fixeur sifflote d’admiration.

« Roh Phaelix, oui j’me souviens de lui… Ok ça roule ma poule ! Garde moi la poudre de côté, j’prends tout. C’est pour un nouveau client d’enfer. Si j’te disais qui c’est, t’y croirais même pas. Tu chierais dans ton froc, et ça coulerait par terre. Ou t’aurais une attaque. Non j’déconne. Plus sérieusement, disons que tout c’que tu peux gauler comme dope m’intéresse. »

« Compris. »

« Yes, une grosse tonne d’explosifs contre une grosse tonne de came. C’est une affaire qui sent bon la poudre, j’aime ça. Ahah ! »

Puis ils bavardent encore un peu de choses et d’autres, des femmes, de la bouffe, du bon vieux temps…

En se levant, Dan Bonzai lance à Kaldor Byron :

« Même heure, même endroit, sous dizaine. Take care. Tchoon bro. »

Le fixeur de Murder Inc. porte la main à sa ceinture pour désactiver son brouilleur psymag, salut son pote en levant le majeur, et quitte le Bar Glauque.

 

 

Kaldor Byron sirote son cinquième verre de Douce Mort. Il bloque depuis plus de deux heures sur la psycho-projection placée au dessus du bar. Après une émission cauchemardesque sur les mutations chez les bébés mort-nés, qui lui a fait limite frôler le bad trip, il savoure un documentaire sur la reproduction des poissons géants d’Abysséos, le Grand Océan. Son dernier fix lui a fait un effet d’enfer, ça faisait tellement longtemps. D’habitude avec la Pierre de Souffrance, besoin de rien de plus, tout est si… apocalyptique. Mais là pour le coup il a eu envie, just for fun. L’ambiance du Bar Glauque s’y prêtait à merveille.

« Outch le cervolux… incoryabefullement trooooop vaïoleeeeent. » murmure-t-il dans un éphémère éclat de conscience.

Un nouveau mec s’assoit en face de lui, qui lui sourit bêtement. Byron finit par lui jeter un œil vitreux par dessus la table. Il le dévisage en fronçant les sourcils… mais ce n’est pas un ami à lui. Pourtant, sa face de mouche à merde lui dit quelque chose.

Lorsque le bonhomme prend la parole, sa voix sonne comme une musique irréelle et désagréable à ses oreilles. Byron bande sa volonté, tentant de se ressaisir, de rattraper la table et le flot de ses pensées.

« Hey Byron, t’es tout pâle, ça va dis donc ?… T’as franch’ment une tronche de cadavre, mecton. Si tu restes cinq minutes de plus comme ça, on va t’retrouver demain dans la bouffe du McAdaver. »

« Extermina…tion et… Sssssouffrance, mon frère… »

« … Ouais, ok… Comme tu dis. Heu… Tu t’souviens pas d’moi ? »

« Hum… B… Bone. Alfuck Bone. Vendu un peu d’coconuts. Y’a six nuits. »

« Chammé la mémoire que t’as mec, même complètement ruiné… Ah le dingue ! »

« Cé tout fini tout ça. Burp… Les p’tits business… j’arrête. Extermination et Souffrance ! Passé du côté obscur de la force maintenant… »

« Ok, j’vois ça… C’est pas gagné. Bon. Tu t’souviens d’la dope que tu m’as filé l’aut’ fois ? D’la soit disant Très Bonne Soufflette Coconuts. Ben j’me la suis callé dans l’nez, mais elle était pas terrible. J’ai saigné du pif pendant trois jours et trois nuits, j’ai bien dégusté… Du coup, j’pense que ce serait correct que tu m’fasses un bon prix sur une nouvelle dose, d’un autre truc. Voir même, sur deux ou trois doses ?… Une tite ristourne, chui sur ça t’écorcherait pas dis ? »

Kaldor Byron dégaine un méchant poignard et le plante dans la gorge du bonhomme. Alfuck Bone gargouille lamentablement, puis s’effondre sur la table et se vide de son sang.

« Fais pas chier, connard. Tu m’as tripé mon casse. Hips… Cassé mon trip. »

L’homme en noir lèche sa lame, la range, vide son verre, grimace, prend sa cape, se lève, et se dirige vers la porte en titubant. Il fait un dernier signe amical au patron avant de sortir. Celui-ci envoie sa serveuse troll nettoyer la table, et mettre le macchabée au frigo, pour le refourguer plus tard à McAdaver. Pas de gaspillage, le mec va finir en burger. Ça s’passe comme ça à Abjectalia.

 

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Phoebos by Sarah

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http://sarahpenoblarportfolio.blogspot.com/2018/01/sarah-penoblar-portfolio.html

* * *

Interview Sarah

Quel âge as-tu ?

J’ai 31 ans.

Où es-tu née et où vis-tu ?

Je suis née à Manille, aux Philippines.
Je vis maintenant dans la ville de Las Pinas.

Comment as-tu appris à dessiner ?

J’ai appris quand j’étais en primaire. Chaque fois que je regarde un anime, je mémorise tous les détails. Je dessine tous les jours jusqu’à ce que je remarque une amélioration. J’ai travaillé dans un Studio d’Animation quand j’avais 19 ans. J’apprends tous les jours.

Quels sont les livres qui ont grandement influencé ta vie ?

-La Bible – j’ai réalisé que mon talent venait de Dieu
-Manga Shonen Jump
– Dictionnaire Anglais-Japonais

Quelle est ta connaissance de la Dark Fantasy, comme sous-genre littéraire et artistique?

La première fois que j’ai aimé des oeuvres de Dark Fantasy était quand j’ai regardé Trinity Blood et Death Note. Je pense que l’histoire et les illustrations sont cool.

Où te vois-tu dans 10 ans ?

En voyage. 🙂

Quel est ton plus grand rêve ?

Créer mon propre manga.

Merci beaucoup Sarah !

* * *

Interview Sarah (en anglais)

What’s your age ?

31 years old.

Where are you born and where do you live now ?

Born in Manila, Philippines.
I live now in Las Pinas City.

How did you learn drawing skills ?

I learned when I was in elementary. Every time I watch anime I memorize every details. I draw everyday until I notice I have improvement. I worked in Animation Studio when I was 19 traditional and digital. And I learned a lot more.

What are the books that have greatly influenced your life ?

-Bible, I learned that my talent came from God
-Manga Shonen Jump
-English Japanese Dictionary

How familiar are you with the dark fantasy subgenre of fantasy literary and artistic works?

The first time I liked dark fantasy was when I watched Trinity Blood and Death Note. I think story and artwork is cool.

 

Where do you see yourself in 10 years ?

Traveling. 🙂

What is your biggest dream ?

To create my own manga.

Thank you Sarah !

* * *

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Phoebos by Omar

Phoebos by Omar
Phoebos by Omar

Websites :

Art Station

Facebook

Deviant Art

 

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Interview Omar

Quel âge as-tu ?

J’ai 32 ans.

Où es-tu née et où vis-tu ?

Santiago, Chile.

Comment as-tu appris à dessiner ?

En dessinant avec ma sœur, les animes classiques des années 90.

Où te vois-tu dans 10 ans ?

Illustrateur pour les meilleurs jeux vidéos.

Quel est ton plus grand rêve ?

Je veux être reconnu comme un des meilleurs illustrateurs.

Merci beaucoup Omar !

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Interview Omar (en anglais)

What’s your age ?

I am 32 years old.

Where are you born and where do you live now ?

Santiago, Chile.

How did you learn drawing skills ?

Drawing with my sister, classic animes of the 90s.

Where do you see yourself in 10 years ?

Illustrating for the most important video games.

What is your biggest dream ?

I want to be recognized as one of the best illustrators.

Thank you Omar !

* * *

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Phoebos by Inochihime

Phoebos by Inochihime
Phoebos by Inochihime

Websites :
www.facebook.com/Prismatic.Lines
www.twilight-inochihime.deviantart.com
www.artstation.com/inochihime

* * *

Interview Inochihime

Quel âge as-tu ?

J’ai 25 ans. 26 cette année !

Où es-tu née et où vis-tu ?

Je suis née et réside actuellement à Naga City, Philippines. C’est bon de vivre en province ici 🙂

Comment as-tu appris à dessiner ?

J’ai commencé par imiter mes animes préférés, en particulier les œuvres de Kazuya Minekura. Je sais que je n’imiterai pas pour toujours, alors j’essaye d’enlever mes roues d’entraînement et dessiner mes propres trucs. Grâce à la pratique et aux études, j’ai pu obtenir le niveau de compétence que j’ai maintenant 😀

Quels sont les livres qui ont grandement influencé ta vie ?

Livres … Je lis surtout des romans de fiction historique et je pense que les plus influents que j’ai lus sont les œuvres de Gail Tsukiyama, en particulier son livre intitulé “Le Jardin du Samouraï”.

Quelle est ta connaissance de la Dark Fantasy, comme sous-genre littéraire et artistique?

Sur une échelle de 1 à 10, je dirais qu’il est environ 8/10 XD Je suis familière avec les éléments essentiels du sous-genre, en termes de travaux littéraires, mais pour être honnête, je dessine rarement des illustrations qui tombent dans cette catégorie. J’admire les artistes qui dessinent bien ce genre de choses !

Quel achat de moins de 100€ a le plus positivement impacté ta vie cette année passée ? (ou de mémoire récente)

Hmmm … Je n’ai pas acheté beaucoup de choses ces dernières années, mais je pense que le moment où j’ai acheté ma nouvelle tablette pour moins de 100 $ (comme elle était en promo XD) a eu l’impact le plus positif sur ma vie et ma carrière d’artiste. Je me suis dit “ok c’est pas donné donc je ferais mieux d’en tirer le meilleur”. *Rires* Alors que beaucoup de gens croient que vous n’avez pas besoin d’outils coûteux pour faire de l’art génial, je pense que ça vaut la peine d’avoir de bons outils 🙂

Où te vois-tu dans 10 ans ?

J’ai l’espoir de travailler comme artiste dans une société de jeux vidéos dans 10 ans. (Hé, il n’y a pas de mal à rêver grand XD)

Quel est ton plus grand rêve ?

Mon plus grand rêve serait de travailler un jour en tant qu’artiste pour un jeu génial, ou dans une société de jeux vidéos. Je pense que je peux voir ce rêve se réaliser peu à peu, avec mon dur travail de ces derniers mois 🙂

Merci beaucoup Inochihime !

* * *

Interview Inochihime (en anglais)

What’s your age ?

I’m 25 years old. Turning 26 this year !

Where are you born and where do you live now ?

I was born and currently residing in Naga City, Philippines. It’s nice to live in a province here 🙂

How did you learn drawing skills ?

I started from imitating my favorite anime artworks, especially Kazuya Minekura’s artworks. I know that I shouldn’t be imitating forever so I tried to remove the training wheels and draw my own stuff. Through practice and studies, I was able to obtain the level of skill I have now 😀

What are the books that have greatly influenced your life ?

Books…  I mostly read historical fiction novels and I think the most influencial ones I’ve read are the works of Gail Tsukiyama, particularly her book entitled “The Samurai’s Garden”.

How familiar are you with the dark fantasy subgenre of fantasy literary and artistic works?

At the scale of 1 to 10, I would say it’s around 8/10 XD I am  familiar with the elements that make up the said subgenre in terms of literary works but to be honest, I rarely draw stuff that falls in the said category. I admire artists who draws stuff like this well !

What purchase of $100 or less has most positively impacted your life in the last year ? (or in recent memory)

Hmmm… I really don’t purchase much stuff these past few years but I think the time when I bought my new tablet for less than 100$ (since it’s on sale XD) had the most positive impact in my life and career as an artist. I told myself “okay this isn’t cheap so I better make the best out of it”. *chuckles* While most people believe you don’t need the expensive tools to make awesome art, I think it pays to have good tools of the trade sometimes 🙂

Where do you see yourself in 10 years ?

Hopefully, I see myself as a game artist in a game company 10 years from now. (Hey, there’s no harm in dreaming big. XD)

What is your biggest dream ?

My biggest dream is to be able to work as an artist for an awesome game or to be able to work in a game company someday. I think I can see this dream slowly unfolding as I work hard these past few months 🙂

Thank you Inochihime !

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Phoebos by Jocelyn

Phoebos by Jocelyn
Phoebos by Jocelyn

Upwork freelancer profile

* * *

Interview Jocelyn

Quel âge as-tu ?

20 ans

Où es-tu née et où vis-tu ?

Je vis à Mabalacat aux Philippines, je suis née et j’ai grandi ici

Comment as-tu appris à dessiner ?

Dessiner est ma passion depuis mon plus jeune âge. Ma mère a rapidement vu mon potentiel artistique. Elle m’achetait toujours des livres de dessin et du matériel de coloriage. Et finalement, cette compétence s’est particulièrement perfectionnée à l’école, lors de la réalisation de projets artistiques et lors de concours. Il faut du temps et de la pratique pour développer ses compétences. Chaque fois que j’ai du temps libre, je dessine et dessine. Et je m’inspire des artistes que j’apprécie.

Quels sont les livres qui ont grandement influencé ta vie ?

Les 3 livres qui ont influencé ma vie sont Le Petit Prince d’Antoine de Saint-Exupéry, Wonder de RJ Palacio, The Perks of Being a Wallflower de Stephen Chbosky.

Quelle est ta connaissance de la Dark Fantasy, comme sous-genre littéraire et artistique?

Je regarde des animes depuis que l’école primaire. J’ai été pas mal exposée à la Dark Fantasy, un style commun dans beaucoup de séries d’animes que j’ai regardée.

Quel achat de moins de 100€ a le plus positivement impacté ta vie cette année passée ? (ou de mémoire récente)

Honnêtement, je ne dépense pas autant d’argent pour faire du shopping ou acheter des biens puisque j’ai été élevée par mes parents pour être très économe et pour mettre de l’argent de côté autant que possible. (Bien que je sois prête à dépenser de l’argent supplémentaire pour la nourriture lol).

Où te vois-tu dans 10 ans ?

Je me vois travailler comme graphiste professionnel ou peut-être un artiste de jeu en 2D.

Quel est ton plus grand rêve ?

Mon plus grand rêve est de vivre au Japon. J’ai toujours voulu visiter le Japon et m’y installer un jour. Non seulement parce que j’ai été influencé par les animes, mais aussi parce que la culture et le pays sont vraiment beaux.

Merci beaucoup Jocelyn !

* * *

Interview Jocelyn (en anglais)

What’s your age ?

I’m 20 years old.

Where are you born and where do you live now ?

I live in Mabalacat, Philippines, I was born and raised here.

How did you learn drawing skills ?

Drawing has been my passion since I was young, my mom already sees my potential to be an artist at the young age, she always buys me drawing books and coloring materials. And eventually, this skill honed especially at school, when making art projects and joining competitions. It takes time and practice to develop your skills so whenever I have free time I would always sketch and draw and sometimes I get inspiration from those artists whom I look up to.

What are the books that have greatly influenced your life ?

The 3 books that influenced my life were The Little Prince by Antoine de Saint-Exupéry, Wonder by rj palacio, The Perks of Being a Wallflower by Stephen Chbosky.

How familiar are you with the dark fantasy subgenre of fantasy literary and artistic works?

I’ve been watching anime since I was like in grade school and I’m pretty much exposed with the dark fantasy, since most common plot in anime series that I’ve watched involves the same theme.

What purchase of $100 or less has most positively impacted your life in the last year ? (or in recent memory)

Honestly, I don’t spend that much money on shopping or buying goods since I was raised by my parents to be very thrifty and to save money as much as possible. (Though I’m willing to spend extra money for food lol ).

Where do you see yourself in 10 years ?

I see myself in 10 years as a Professional Graphic Designer or maybe a 2D Game Artist.

What is your biggest dream ?

My biggest dream is to live in Japan, I’ve always wanted to visit Japan and to settle there someday, not only because I was influenced by watching anime, but also because the culture and the country are really beautiful.

Thank you Jocelyn !

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Phoebos by Justin

Phoebos by Justin
Phoebos by Justin

Website : Deviant Art

FB Page : Kusinerong Artist

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Interview Justin

Quel âge as-tu ?

26 ans

Où es-tu né et où vis-tu ?

Manille, Philippines

Comment as-tu appris à dessiner ?

J’apprends en assistant à des séminaires et des formations de l’école, en cherchant et en regardant des tutoriels sur internet.

Quels sont les livres qui ont grandement influencé ta vie ?

Les comic books des univers Marvel, DC, Darkhorse, etc

J’adore Spiderman, Lady Death, Batman, Ironman, Flash, Superman, etc

Quelle est ta connaissance de la Dark Fantasy, comme sous-genre littéraire et artistique?

J’ai beaucoup de bandes dessinées, la plupart d’entre elles sont de la Dark Fantasy. J’aime le style, le graphisme, c’est génial. Je suis le genre de personne qui aime les histoires et les illustrations d’horreur / sombres.

Quel achat de moins de 100€ a le plus positivement impacté ta vie cette année passée ? (ou de mémoire récente)

J’ai acheté une tablette graphique et d’autres matériels, qui m’aident pour mes illustrations.

Où te vois-tu dans 10 ans ?

Je serais heureux de travailler comme illustrateur de livres, comic books et séries de mangas.

Quel est ton plus grand rêve ?

Devenir un grand artiste, et utiliser cette passion comme source de revenus pour ma famille.

Merci beaucoup Justin !

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Interview Justin (en anglais)

What’s your age ?

26 y/o

Where are you born and where do you live now ?

Manila, Philippines

How did you learn drawing skills ?

I learn from attending seminars and trainings from school, searching and watching tutorials on internet.

What are the books that have greatly influenced your life ?

Comic books, like marvel, DC, darkhorse, etc

I love to read spiderman, lady death, batman, ironman, flash, superman etc

How familiar are you with the dark fantasy subgenre of fantasy literary and artistic works?

I have a lot of comics most of them are dark fantasy, I love the style, the way you look at it, its awesome. I am a kind of person who loves dark/horror stories and artworks.

What purchase of $100 or less has most positively impacted your life in the last year ? (or in recent memory)

I bought this laptop, graphic tablet, and other art materials for me to help myself on this kind of work.

Where do you see yourself in 10 years ?

I have a lot of books, a manga series and happy to see myself on this kind of work.

What is your biggest dream ?

To become a great artist, to use this passion as my source of income for my family, to retire as an artist.

Thank you Justin !

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XVIII – ORKALIA ¥

XVIII – ORKALIA ¥

 

A son réveil, Phoebos a recouvert l’essentiel de ses forces, malgré les mauvais songes venus troubler son sommeil. Une histoire de torture et de pierres maudites. Il est désormais si habitué à ces cauchemars qu’il les oublie aussitôt. Par ailleurs, l’Enfant a décidé d’éviter tout apitoiement, revigoré par son expérience avec le Ki. Il sent l’énergie bouillonner en lui. Une énergie qui pourrait lui servir à trouver puis détruire ses ennemis anonymes, et ainsi apaiser sa haine et sa soif de vengeance. Il se délecte de ce désir inavouable.

Après un repas plutôt frugal de champignons et racines séchés, les huit explorateurs se remettent en route. Ils quittent la salle aux piliers, et traversent une nouvelle série de cavernes abandonnées. Des morceaux de rocs encombrent parfois le chemin, qui se sont détachés lors du tremblement de terre récent. Mantisss part toujours en éclaireur, progressant furtivement dans l’obscurité. Quelques lucioles incandescentes voltigent et illuminent leurs pas, leur évitant de trébucher trop souvent.

« Amis orks… J’aimerais en savoir plus sur vous, sur Orkalia, sur Tenebrae. Je ne comprends pas. Pourquoi tant de malheur, tant de violence ? Pourquoi se battre ? Pourquoi la guerre, dont vous parlez ? Comment des êtres vivants, intelligents, peuvent-ils vouloir en détruire d’autres ? »

Œil-de-Feu lui sourit, tire une bouffée de sa pipe et répond :

« Ta naïveté est toute naturelle, mon jeune ami. La lande radioaktive d’où tu viens est un endroit sauvage, mais épargné par l’œuvre de mort à grande échelle k’est la guerre. Les heurts entre tribus y sont rares, en raison d’autres prédateurs primitifs bien plus menaçants. Mais ailleurs sur Tenebrae, il existe une multitude de peuples, une infinité peut-être, tous très différents. Leurs Histoires se kroisent et s’entrekroisent au gré des alliances, des trahisons, des batailles qui markent le passage du temps.

A l’origine, les vingt premières tribus orks étaient éparpillées sur le monde de Tenebrae. Elles étaient très primitives, sauvages et brutales. Au kours des sièkles des renkontres ont pu se faire, des liens se tisser entre ces ethnies orks, à la fois semblables et unikes. Certaines n’ont été aperçu k’une unike fois, au kours de l’Histoire telle ke relatée dans le Grand Livre d’Orkalia. Peut-être ont-elles disparu à jamais, viktimes de la férocité supérieure d’autres kréatures de Tenebrae. Peut-être attendent-elles leur heure, kelke part très loin d’ici.

La majorité des tribus orks étaient présentes dans cette partie Ouest de Monstrogho. Répartis entre la grande Forêt Saavage, peuplée de monstrueux Dinosaurus ; les Montagnes Bleues, colorées par les reflets de Lune sur la neige ; et la Plaine de Sang verdoyante, parsemée de quelques vergers et marais, bordée à l’ouest par la Forêt Saavage, au nord par les Montagnes Bleues, à l’est par le désert de cendres d’Eldarin’Ash, et au sud par le cratère abritant la Lande Foudroyée, traversé du nord au sud par le fleuve Styxx.

Pressé de toutes parts, notre peuple a tôt fait de se regrouper sur ces terres kommunes. Nos chefs de tribus karessaient les prémisses de la kréation d’une puissante Nation, afin de lutter kontre les races bellikeuses alentours. Les Nains ont guerroyé avec acharnement pour nous repousser vers le sud, loin de leurs forteresses dans les Montagnes Noires. Contre les Minotaures, Ogres et Trolls, nombreuses furent les batailles dans la Plaine de Sang, ce qui lui a donné son nom. Les Baknamus, les Shaggoths, les Titans, les Yugozoths… Tant de kréatures hostiles à notre race… Heureusement, notre taux de natalité élevée nous a permis de surmonter les défaites, kontinuer à se battre, et survivre à la violence de ce monde.

Ainsi il y a plus de mille ans est née la Cité d’Orkalia, et son Kœur magnifik, à la croisée de la Forêt Saavae, la Plaine de Sang et les Montagnes Bleues, sur les rives de la rivière Manea.

Harukh Morglum, le premier Roi guerrier, découvrit la Kouronne sacrée de notre peuple, une nuit d’orage, au bord de la rivière, au pied d’un chêne millénaire, sur un tapis de mousse brûlé par la foudre. Komment la Kouronne avait atterrit là, nul ne le sus, mais tous y virent un signe des Dieux. La Kouronne des Orages fut baptisée Stormanea, et la Cité d’Orkalia fut fondée.

Au cours des siècles, nos relations avek l’environnement se firent plus intimes, tandis ke nous battissions notre petit koin de paradis, dans la Plaine de Sang, la Forêt Saavage, et les Montagnes Bleues. Le royaume d’Orkalia devint un joyau cher au koeur de tous les orks, que nos ancêtres jurèrent de préserver et protéger à tout prix, pour toujours.

Harukh Morglum, premier des Rois orks, était un guerrier puissant et sage. Il fut pour beaukoup dans l’unifikation des différents klans. Il entreprit de faire la paix avek ceux de nos voisins pour ki le pardon était enkore possible. Il développa le kommerce avek les Nains et les Yugozoths des Montagnes Noires, au nord. Il siégea au Koeur d’Orkalia pendant karante longues années, kréant le Konseil Chaman et l’Ordre Berzerk. Il abolit également l’esklavage de nos kousins Gobelins, faibles et serviles, et leur permis de trouver refuge sur nos terres. Auprès de son trône défilait sans cesse la ribambelle de ses Konseillers et Seigneurs de Guerre, l’aidant à administrer et défendre la Nation naissante. Il est dit k’il passait parfois plus de sept nuits et sept jours sans dormir, œuvrant sans relâche, porté par l’amour de son peuple et l’énergie de Stormanea.

Le premier Roi mourut après une vie heureuse et bien remplie au service de la Nation, karante ans après la fondation d’Orkalia. Le Premier Seigneur de Guerre, élu kelkes années plus tôt par le Konseil Chaman et l’Ordre Berzerk, lui succéda comme second Roi sous le nom d’Harukh Grom. Il poursuivit l’œuvre de son prédécesseur avec passion, durant sa vie entière. Puis à sa mort le troisième Roi, Harukh Vorgor, fut kouronné à son tour. C’est sous son règne k’eut lieu la première grave diskorde au sein de notre peuple.

Deux des tribus originelles, les Orks Gris et les Orks Noirs, au style de vie troglodyte, se partageaient l’espace souterrain situé dans les profondeurs d’Orkalia. Elles étendirent leurs domaines sous la Forêt Saavage, la Plaine Emeraude, et les entrailles des Montagnes Bleues. Jusk’à cette nuit terrible, où une dispute éklata entre les Seigneurs de Guerre de ces tribus. Les Orks Gris akusèrent leurs kousins d’annexer leurs territoires par la force, de kreuser des galeries de manière imprudente, et de kontinuer à pratiquer esklavage et torture sur les Gobelins. Les Orks Noirs akusèrent les autres d’être perfides et lâches, d’avoir oublié leurs racines, et les traditions barbares des premiers Orks.

La krise atteint son paroxysme lorsque plusieurs kavernes des Noirs s’effondrèrent, emportant avek elles une partie du Koeur d’Orkalia. Les akusations furent vérifiées, et les Orks Noirs furent jugés pour avoir mis en danger la sékurité de la Cité, et l’unité de la Nation. Leur kondamnation fut l’exil. Mais les Noirs rejetèrent cette sanction avec mépris, et entreprirent de massakrer les Gris. Ceux-ci étaient préparés à se défendre, mais ne s’attendaient pas à une telle explosion de violence. Par la suite, les Orks Noirs rakontèrent que les Gris furent les premiers à verser le sang, prétextant de leur lenteur à kitter les lieux et céder leurs galeries.

Mais le mal était fait, les dés du destin étaient jetés, et le reste de la Nation Ork submergea le sous-sol pour chasser les Noirs. Le Roi Vorgor donna tout d’abord la konsigne de les maîtriser sans verser le sang, mais devant leur férocité il fut contraint de revenir sur sa décision. Cependant les Orks Noirs étaient les plus féroces et les plus massifs de notre race, et le prix à payer pour les repousser fut très lourd. Au final preske tous les Gris furent exterminés, et les autres tribus d’Orkalia repoussées à la surface. Les Noirs tenaient le sous-sol de la Cité, et il fallait les en déloger.

La décision suivante du Roi fut dure à prendre, après d’interminables débats au Konseil Chaman, et marka pour toujours notre Nation naissante. Une arme terrible fut utilisée, obtenue des Baknamus demeurant plus au nord-ouest, dans leurs kavernes baignées de vapeurs toxikes. Un gaz redoutable fut déversé dans les souterrains. Tunnels et grottes furent bientôt emplies d’Orks Noirs morts ou agonisants. Il fallut attendre une dizaine entière ke le gaz se dissipe, avant de pouvoir descendre, ékipés de maskes de protektion. Partout, les kadavres se trouvaient déjà dans un état de dékomposition avancée : orks, orkas, orkions, figés dans une mort atroce… Cette vision d’horreur resta gravée dans la mémoire de notre peuple à jamais.

Mais nombre d’Orks Noirs réussirent à s’enfuir par leurs galeries sekrètes, et quittèrent Orkalia en petits groupes de survivants. Ils durent lutter longtemps pour survivre et rekonstruire un klan puissant, dans la Plaine de Sang, mais ils y parvinrent. Générations après Générations, animés d’une rage terrible, ils ruminèrent leur vengeance.

Les hordes d’Orks Noirs, désormais alliés aux Minotaures et leurs cousins Magotaures, revinrent finalement affronter les armées d’Orkalia. Mais entre-temps nos ancêtres avaient créé l’Ordre Tekno, à l’origine de nombreux progrès teknologikes, et les Noirs furent kasiment anéantis une nouvelle fois.

On n’en entendit plus parler pendant des sièkles. Jusqu’à cette nuit terrible, y’a un peu plus de cink années lunaires, une veille de Morte-Lune… »

Œil-de-Feu s’arrête pour recharger sa pipe, et méditer à la suite de son récit. Les compagnons s’arrêtent également, entourant le chaman. Phoebos l’écoute avec passion, profondément touché par l’Histoire des Orks.

« Les Orks Noirs revinrent, et ils n’étaient plus seuls. La Cité d’Abjektalia avait émergé à l’est de la Plaine de Sang, sur les berges du Fleuve Styxx, sous l’impulsion des Mages Noirs. Eux aussi avaient été chassés par leur peuple, chassés de Solaaris, la majestueuse cité des hommes située tout au nord de Monstrogho. En contrepoint, sa jumelle ténébreuse, Abjektalia la maudite, avait grandit komme un kancer ki ronge, dans cette région du sud-ouest de Monstrogho… Les Mages Noirs avaient bâti une ville chaotique, autour d’une immense tour symbole de leur puissance, et entrepris de conquérir les environs, regroupant toutes les races brutales de la région, les enrôlant sous leur funeste bannière, le Crâne Cornu Rieur.

Les Skadrons de la Mort d’Abjectalia finirent par arriver aux frontières d’Orkalia, dans la Plaine de Sang. Le Roi Harukh Torg, averti des premières eskarmouches, fit avancer ses hordes à leur renkontre. Nos forces étaient mieux organisées, et mieux armées que jamais auparavant. Les chamans de kombat et les pièces d’artillerie étaient prêts à soutenir les eskouades de guerriers. Nos valeureux champions menaient les bataillons d’Orkalia, montés sur de puissants Dinosaurus de la Grande Forêt Saavage, domptés et dressés pour la guerre.

Durant plusieurs nuits les deux armées se toisèrent à distance, avec kelkes eskarmouches, sans k’aukune n’ose libérer toute sa rage dans la bataille. Tant ke les hordes d’Abjektalia restaient dans la Plaine de Sang, le Roi préférait jouer l’intimidation.

Des messages de rangers postés dans les Montagnes Bleues et la Forêt Savaage lui parvinrent alors, rapportant ke plusieurs kompagnies des Skadrons, composées principalement d’Ogres, de Minotaures et d’Elfes Noirs, avaient pris des chemins détournés pour frapper Orkalia par les flans et l’arrière. S’ils n’étaient pas stoppés à temps, ces détachements allaient envahir notre royaume par ses frontières reculées, insuffisamment défendues.

Harukh Torg prit la décision douloureuse de renvoyer kelkes bataillons vers l’arrière, pour défendre le Koeur d’Orkalia, et d’engager la bataille sans plus attendre avek le reste de ses troupes.

Vous konnaissez la suite : Stormanea, la visite du spektre, le départ du Roi et le massakre de notre peuple… L’armée d’Abjektalia fut repoussée, mais à kel prix

Il nous faut maintenant relever la tête, et aller de l’avant. Ainsi est la voie des Orks, notre destinée. Des survivants menés par le nouveau Roi Harukh Golgor sont enkore kachés dans les ruines du Koeur d’Orkalia et dans la Forêt Saavage. Ils kombattent les pillards et attendent notre retour, avek les trois artefakts sakrés. Stormanea, Kouronne des Orages. Trembleterre, le Marteau du Berzerk. Et pour finir Luël, la Plume du Grand Dragon Vert. Aussi nous devons nous hâter, et poursuivre notre kête. Il en va de la survie de notre peuple. »

« Nous vous aiderons au mieux, soyez en sûrs. Tout mon cœur le désire ardemment. » réplique Phoebos, la voix gonflée d’émotion.

 

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XVII – Confrérie des Tourments ¥¥¥

XVII – Confrérie des Tourments ¥¥¥

 

Kaldor Byron avance rapidement dans les rues puantes d’Abjectalia, un sombre jour de Lune d’Espoir qui, en cette heure, porte bien mal son nom. Il évite habillement les tas d’immondices, ainsi que les misérables allongés au beau milieu de toute cette fange. La vision de ces malheureux aux yeux fous, suppliants et vociférants, l’emplit d’un profond dégoût. L’un d’entre eux se jette à ses pieds et s’agrippe désespérément au bas de sa cape.

« Siouplé… Môseigneur… Une tite pièce pour un pov’ gars… »

« Extermination. C’est tout ce que tu mérites. »

Il le rejette d’un violent coup de pied, puis le frappe de nouveau pour être sûr qu’il ait bien compris. Enfin, il lui crache dessus avec mépris avant de poursuivre son chemin. Le malheureux gémit et se recroqueville sur lui-même, sous les rires gras et méchants de ses voisins d’infortune, pourtant clodos comme lui.

 

Kaldor Byron s’engage bientôt dans une étroite ruelle, déserte mais tout aussi malodorante que les artères plus fréquentées. Il s’avance dans le noir, seulement guidé par sa vision nocturne. Au fond de l’impasse, derrière un empilement de caisses de bois pourri, il cherche à tâtons un interstice bien précis, discrètement aménagé dans le mur de briques. Enfin il le trouve et y glisse brièvement sa Pierre de Souffrance. Plusieurs briques coulissent avec lenteur, d’un seul bloc. Il s’assure que personne ne l’a suivi, puis s’engouffre dans l’étroit passage. Le mur se referme derrière lui, le plongeant dans les ténèbres.

Le couloir continue sur plusieurs mètres avant de tourner à angle droit sur la droite, pour aboutir sur une petite niche taillée dans la pierre, de dimensions vaguement humaines. L’homme pénètre dans cet espace, et trouve ce qu’il y a laissé lors de son dernier passage : une grande robe et un capuchon noirs. Il pose son chapeau, sa cape et sa veste, également noirs. Puis il enfile sa nouvelle tenue, guère confortable mais qui masque tout son être, hormis deux fentes étroites pour les yeux. Enfin il transfère sa Pierre de Souffrance d’une poche de sa veste vers une poche de sa robe, avec quelques autres possessions de valeur qu’il trimballe avec lui.

Byron reprend sa progression dans le couloir tortueux, qui s’arrête brusquement dans une nouvelle impasse. Un mot de pouvoir active un mécanisme secret, et la paroi coulisse lentement vers le haut, faisant entendre le raclement de la pierre. Il croise les mains sous sa robe, et débouche au beau milieu d’un large escalier en colimaçon. Sur les murs sont gravées des scènes de massacre et de torture, éclairées par une succession de torches. Il descend l’escalier, lentement, pendant plusieurs minutes. Seul le son régulier et sec de ses pas sur la pierre perce le silence. Mais dans sa tête, il entend cette voix qui lui parle, qui lui murmure de douces atrocités. Et durant tout ce temps il caresse la Pierre de Souffrance, avec amour. Il sent le crépitement de sa puissance lui lécher les doigts, aussi sûrement que son âme.

L’homme parvient finalement à une porte de bronze, devant laquelle se tient une silhouette massive qui le dépasse de plusieurs têtes. La silhouette est vêtue d’une robe semblable à la sienne, et d’un large capuchon pointu qui masque son énorme tête. Deux impressionnantes cornes d’ivoire en jaillissent. Une voix caverneuse l’apostrophe :

« Frère Volmor. Nous t’attendions avec impatience. »

« Extermination, mon frère Huùrt. Souffrance sur toi. »

Alors Kaldor Byron, alias Frère Volmor, dévoile sa Pierre. Celle-ci brille d’un éclat maléfique de lumière noire mais, étrangement, ne dégage aucune énergie. Au contraire, la Pierre de Souffrance semble même aspirer la réalité qui l’entoure, et s’en repaître. En raison du lien particulier qui les unit, lui seul peut sentir sa terrible aura de puissance.

« Souffrance et Extermination. » répond son interlocuteur, visiblement satisfait, en montrant sa propre Pierre.

Puis il lui ouvre la porte, et la referme derrière lui.

 

Frère Volmor pénètre dans une salle circulaire assez grande pour accueillir une table ronde et sept fauteuils d’ébène, autant de grands chandeliers, une multitude d’instruments de torture, ainsi que cinq créatures encapuchonnées.

Les quatre premières se tiennent assises autour de la table, leurs propres Pierres posées devant elles. Deux silhouettes de même taille que lui, une plus grande, et une très petite. L’atmosphère pue la conspiration.

La cinquième créature pue surtout le désespoir et le sang. Il s’agit d’une femme, dont il ne reste plus que le tronc, la moitié de chacun de ses quatre membres, et la tête. Son visage est presque entièrement dissimulé par une capuche de cuir clouté. Seuls ses yeux emplis de terreur, et ses lèvres tuméfiées par les coups répétés, sont visibles à travers ce masque. Sa poitrine nue est couverte de traces de lacération. L’absence de pilosité laisse entrevoir son sexe nu et meurtri. Elle est assise sur une chaise métallique, parsemée de pointes qui lui entaillent les chairs. Des crochets acérés sont plantés dans chacun de ses quatre moignons. Elle souffre atrocement. Elle gémit. Du sang dégouline lentement de ses innombrables plaies. Et pourtant, elle est toujours en vie.

Frère Volmor la fixe avec une fascination morbide non dissimulée. Une voix féminine, sifflante comme un serpent, lui parvient d’une des silhouettes de taille moyenne :

« Sssssalutasssssions, frère Volmor. N’essssse pas délissssssieux ? Ssssss’est une merveille que mes poudres, et posssssions. Sssssssouffranssssse, mon frère. »

« Souffrance, Sikis, ma sœur. Souffrance, mes frères. »

Il s’approche de la table, et prend place sur l’une des chaises, puis dépose sa Pierre devant lui, sur un socle de métal noir prévu à cet effet.

« Je vois qu’on s’amuse en mon absence ? »

« Aaaaaahahahahahaaaa ! » un rire dément s’élève de la plus petite silhouette et lui vrille les tympans. Bien que la créature masquée se tienne debout sur son siège, elle dépasse à peine le niveau de la table.

« Tu croyais qu’on allait t’attendre ? Touche-toi mon pote ! On lui en a fait baver, à cette pétachienne ! C’est une novice du harem de putes que s’enfile le père Torrus ! »

Sans se formaliser un instant de ces propos vulgaires, Frère Volmor tourne la tête vers la victime. Sous son capuchon, ses yeux brillent d’excitation et de convoitise. La plus haute silhouette poursuit alors, d’une voix froide et métallique, ignorant la précédente intervention puérile et grossière.

« J’ai capturé cette femme alors qu’elle était postée sur les toits. A notre recherche à 87% de probabilités. Une Gardienne. Je lui ai tranché les jambes et les bras, pour l’empêcher de s’enfuir. 100% d’efficacité. »

« Sssss’il y en a une, il y en a sssssent… J’essssspère que l’un des trissssstes sssssires ici prézzzzzents, n’a pas manqué aux règles élémentaires de sssssécurité ! »

Le cyborg appuie sur l’une de ses tempes à travers sa capuche, et un hologramme de la scène est projeté au centre de la table. La Gardienne, une novice semble-t-il à sa tenue, coure désespérément pour fuir un poursuivant invisible. Puis elle hurle comme une hystérique lorsque ses membres sont sectionnés et qu’elle tombe sur les tuiles crasseuses du toit. Elle se tait enfin lorsque sa langue est sauvagement arrachée. Dans les dernières secondes de projection, son agresseur l’assomme et elle s’immobilise sur les tuiles, ensanglantées par le sang qui s’écoule de ses narines, de sa bouche, et de ses membres tranchés.

« Aaaaahahahah, trop goooore ! Trop coooool ! »

La voix suivante semble irréelle mais résonne dans leurs têtes. Ils frissonnent en pensant à ce qu’elle pourrait leur faire sans la protection de leurs Pierres respectives.

« Silence. Ces Gardiennes sont de véritables plaies. Sans elles, il y a bien longtemps que le Seigneur Torrus serait tombé, ainsi que tous les Mages Noirs et Abjectalia avec eux. Extermination, telle est la meilleure solution à apporter à ce problème. »

« Nous ssssssommes d’accord sssssur ce point, frère Hulkhtu. Mais sssssette Gardienne peut encore nous révéler ssssssertaines informasssssions. Il fallait que je la sssssauve, pour sssssela. Nous comptons sssssur vous pour le ressssste. »

Frère Volmor tourne la tête vers la morte en suspend, qui sanglote silencieusement, consciente de ne pouvoir espérer la moindre chance de salut.

Soudain la porte s’ouvre une nouvelle fois, laissant passer un autre conspirateur masqué, accompagné du colosse qui gardait l’entrée. Celui-ci verrouille cette seule issue, et s’installe lourdement dans son propre siège. L’autre silhouette s’approche de la Gardienne, et caresse sensuellement sa poitrine ensanglantée. Puis elle lui pince cruellement les tétons et, du même coup, lui arrache de nouveaux gémissements. Lorsqu’elle prend la parole, c’est d’une voie féminine mélodieuse, charmeuse, et tranchante comme la plus acérée des lames.

« Extermination et souffrance. Ainsi, voilà notre victime du jour… Je vous félicite pour cette capture, mes chers frères. Tu es MORTE, tu m’entends ! TU ES DEJA MORTE ! »

Elle lui crache au visage et la gifle violemment, avant de prendre sa place autour de la table. Les sept conspirateurs se redressent et posent tour à tour la main sur leur Pierre avant de prêter serment.

« EXTERMINATION ET SOUFFRANCE.

QUE LA CONFRERIE DES TOURMENTS

APPORTE LE RENOUVEAU SUR CETTE TERRE.

SEMONS LES GERMES D’UNE NOUVELLE ERE. »

 

Frère Hulkhtu quitte le cercle et s’approche impassiblement de la condamnée. Il tend les bras devant elle et l’agrippe par les épaules. Ensuite seulement il commence à lui dépecer l’esprit. Il lui lacère plusieurs fois le cerveau de l’intérieur, lentement, afin d’annihiler toute trace de résistance. Puis il s’engouffre dans les nombreuses faiblesses interstitielles de son âme brisée. La malheureuse est prise de spasmes qui rouvrent ses plaies, mais elle reste muette, ne peut hurler sa douleur et sa haine. Totalement impuissante, ses souvenirs lui sont arrachés et analysés.

« Elle n’est au courant de rien. Ses maîtres ne l’ont pas dirigée spécifiquement contre nous. Elle jouait son rôle de gardienne, sans être consciente de notre présence. Les Pierres de Souffrance remplissent bien leur office. Malgré son conditionnement, des émotions s’expriment en elle. De la pitié pour les sous-hommes. Un désir. Les aider, les délivrer de leurs souffrances. »

« Aaaaaaahahahaha ! Ironie du sort ! Balle de boule de gomme ! Sale pute ! Tu ne sais même pas ce qu’est la Souffrance ! »

« Alors montrons-lui. »

Frère Volmor suit l’exemple des autres membres de la Confrérie des Tourments, et se saisit d’un instrument de torture avant de s’approcher de la novice. Il choisit un poinçon de métal déjà ensanglanté, et entreprend de tester la résistance de la chair humaine. L’aiguille métallique appuie et glisse voluptueusement contre l’épiderme, avant que celui-ci ne cède, ce qui l’émerveille chaque fois un peu plus. Alors la pointe s’enfonce avec une facilité déconcertante, faisant perler quelques gouttes de sang écarlate, qu’il caresse avec délectation de ses doigts pâles, se retenant de mordre à pleines dents dans cette chair si désirable.

Tour à tour ils infligent mille tourments à la pauvre femme, redoublant d’imagination et de cruauté. Lorsqu’une plaie un peu trop profonde menace de la terrasser, sœur Sikis y verse quelques gouttes d’un liquide brûlant, qui cicatrise instantanément la blessure et permet de poursuivre le jeu.

Enfin sœur Aelith se recule et entonne le champ sacré de la Confrérie, destiné à remercier leur Déesse toute puissante de leur avoir montré la voie : Arachnée, Dévoreuse des Âmes, Tourmenteuse Suprême. Les deux plus forts parmi les frères retirent les crochets et se saisissent de la malheureuse, relançant l’hémorragie aux extrémités de ses moignons. Cela n’a plus aucune importance, car elle n’a plus que quelques instants à vivre avant d’être délivrée de ces infâmes tourments.

La novice n’est pas consciente du sort que lui réservent les fous furieux : ils lui ont crevé les deux yeux, et elle a perdu connaissance depuis longtemps. Alors les autres frères placent une énorme pointe métallique au centre de la table, dont la base forme un réceptacle orné de crânes et de visages hurlants. Puis tous se tiennent debout autour de cet horrible autel sacrificiel, tandis que le colosse cornu monte sur la table, portant avec précaution ce qu’il reste de la novice. Tous chantent, ou plutôt hurlent, comme des possédés, absorbés par la beauté et l’intensité de cette macabre cérémonie.

A l’apogée de leur clameur démoniaque, le colosse place le corps inconscient au dessus de la pointe terrible. Son sexe frôle l’extrémité de métal, puis se laisse pénétrer avec douceur. Dans les premiers temps aucune résistance ne vient arrêter cette progression sensuelle et morbide. Les énormes mains couvertes de fourrure noire abaissent le bassin avec lenteur. Lorsqu’une résistance se fait sentir, le frère exerce d’abord une légère pression. Puis il appuie avec plus d’insistance.

A cet instant précis des flots de sang commencent à couler entre les cuisses de la novice, tandis qu’elle reprend conscience. Elle est aussitôt foudroyée par une douleur ultime, qui lui déchire les entrailles et balaie tout son être. Le pal de métal s’enfonce lentement en elle, et la vie l’abandonne enfin.

Et alors que son âme croit enfin s’échapper de ce corps ravagé, les Pierres de Souffrance brillent d’un éclat mauvais et la dépècent une nouvelle fois. Elles absorbent son énergie vitale avec avidité, tandis que son sang s’écoule dans le bassin situé à la base du pal. Puis il dégouline sur la table, et sur le sol. Les membres de la Confrérie des Tourments sont baignés d’un puissant sentiment d’extase. La pointe ressort par une orbite ravagée de la Gardienne, scène macabre au milieu de la sombre pièce.

Bientôt les tortionnaires s’écroulent dans leurs fauteuils, comblés. Cette cérémonie achevée, ils reprennent leurs discussions enflammées concernant l’accomplissement de leur œuvre de malheur. Finalement ils récupèrent leurs Pierre de Souffrance respectives et se séparent, toujours dans le plus grand secret.

Arachnée est fière d’eux.

 

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